Enseignement Secondaire Spécialisé

Découvrez l’historique de l’enseignement spécialisé en Belgique

Historique des écoles spécialisées

Dans le statut et la représentation de la personne handicapée, il y a une avancée énorme.
Déjà dans la terminologie employée, un changement positif et plus respectueux est perceptible : d’enseignement « spécial » on est passé à « spécialisé ».
Les élèves ne sont plus des « retardés pédagogiques », des « arriérés », des « anormaux » ou « atteints de troubles » mais des élèves « à besoins spécifiques présentant des retards ou déficiences ».

Les mots choisis ne sont pas anodins mais significatifs d’une évolution des mentalités.

En Belgique, c’est seulement en 1877 que la première école d’enseignement spécialisé est créée à Gand. En 1882, il y a 11 écoles pour sourds et aveugles. Cependant, la reconnaissance de la personne handicapée est encore loin d’être acquise comme en témoigne le Congrès de Milan sur l’éducation des sourds.
Les conclusions du Congrès sont que pour bien s’intégrer dans la société, les sourds ne doivent pas pratiquer le langage des signes, renommé « langage des singes », mais bien articuler de façon artificielle et lire sur les lèvres. En réalité, comme le souligne Marcel Crochet, ancien recteur de l’Université catholique de Louvain et président du conseil d’administration de l’IRSA (Institut royal pour sourds et aveugles), l’objectif du congrès n’était pas la reconnaissance d’une identité mais bien la recherche de la normalité. La différence et par là l’identité même de la personne handicapée étaient tout à fait niées.

En 1914, enfin, la loi sur l’instruction obligatoire prévoit que les communes organisent des classes pour « enfants faiblement doués ou arriérés ou pour enfants anormaux ».

En 1924, la loi impose l’organisation d’un enseignement spécialisé au sein des écoles ordinaires. Dans les faits, les écoles ne disposent pas de moyens pour prendre l’enfant en charge : les élèves en situation de handicap sont mis à l’écart dans des classes annexées.
Face à cette situation dramatique, les enseignants lancent un SOS. Par ailleurs, dans les années 50, des associations de parents se mobilisent pour que des enfants atteints d’un handicap lourds ((Infirmes Moteurs Cérébraux par exemple) puissent être scolarisés.

En 1970, la loi sur l’enseignement spécialisé est votée, de nouvelles écoles sont créées et un transport scolaire est mis en place.

En 1978, un arrêté d’exécution précise les 8 types d’enseignement, dote l’enseignement spécialisé de personnel paramédical. L’enseignement spécialisé prend son envol en Belgique, ce qui suscite l’admiration dans les autres pays européens (parce qu’il permet désormais l’accès à l’enseignement pour tous). Mais si l’enseignement spécialisé dispense un enseignement à part entière et de qualité, il n’en reste pas moins un système de ségrégation.
La personne handicapée est reconnue dans sa différence et valorisée dans son identité mais pas suffisamment intégrée dans la société.

Les familles d’enfants en situation de handicap ont « une blessure de type narcissique : mon enfant n’est pas comme les autres ». Philippe Tremblay, chercheur à l’ULB a travaillé sur la représentation que l’on a de l’enseignement spécialisé : « les acteurs institutionnels sont unanimes sur le fait que le passage en enseignement spécial serait très difficile pour les parents. L’image négative de ce type d’enseignement y serait pour beaucoup. […] Un deuil, un échec, une souffrance, une peur, un stigmate, une voie de garage, une catastrophe, une sanction, etc. Cela entraîne des comportements de résistances, des refus de l’enseignement spécialisé ».

En 1981, une circulaire en faveur de l’intégration est rédigée.

En 1986, des élèves souffrant d’un handicap physique, de cécité ou de surdité peuvent suivre des cours dans l’école ordinaire.
Parallèlement, un mouvement européen est en marche pour promouvoir l’intégration et la Communauté française est pointée du doigt.

En 1994, la Déclaration de Salamanque proclame que : « les personnes ayant des besoins éducatifs spéciaux doivent pouvoir accéder aux écoles ordinaires, qui doivent les intégrer dans un système pédagogique centré sur l’enfant, capable de répondre à ces besoins. Les écoles ordinaires ayant cette orientation intégratrice constituent le moyen le plus efficace de combattre les attitudes discriminatoires, en créant des communautés accueillantes, en édifiant une société intégratrice et en atteignant l’objectif de l’éducation pour tous ; en outre, elles assurent efficacement l’éducation de la majorité des enfants et accroissent le rendement et, en fin de compte, la rentabilité du système éducatif tout entier ».

En 1995, des élèves des types d’enseignement 4 (atteints d’une déficience physique), 6 (atteints de déficiences visuelles) et 7 (atteints de déficiences auditives) peuvent être intégrés de manière permanente et totale dans l’enseignement ordinaire ((l’élève est inscrit dans l’enseignement ordinaire et l’enseignement spécialisé reçoit des périodes pour son accompagnement).
Après l’Europe, les parents font de nouveau pression. Permettre à l’élève en situation de handicap de rester le plus longtemps possible dans l’ordinaire est essentiel parce que cela fait partie d’un projet de société pour leur enfant. Ces parents revendiquent qu’il aille dans l’école maternelle des environs notamment parce que les transports scolaires sont lourds pour le rythme de l’enfant (parfois plus de 2 heures par jour). Certaines écoles sont de bonne volonté et accueillent des enfants à besoins spécifiques sans moyen supplémentaire pour autant.
La Ligue des droits de l’enfant, plate-forme pour l’accueil de l’enfant malade chronique ou handicapé à l’école se constitue, regroupant de nombreuses associations de parents.

En 2003, la Ligue organise ses premiers Etats généraux de l’intégration et Jean-François Delsarte, alors Secrétaire Général Adjoint de la Fédération de l’Enseignement Fondamental Catholique, la rejoint en proposant que l’enseignement spécialisé soit le partenaire de l’intégration.
Leur mobilisation va peu à peu faire tomber des barrières et rendre l’intégration possible.

En 2004, l’enseignement spécial change de nom et est réorganisé : un nouveau décret sur l’enseignement spécialisé est voté. Des moyens lui sont accordés pour accompagner l’intégration d’élèves de type 4, 6 et 7 dans l’enseignement ordinaire.

En 2009, un décret reconnait, soutient et organise l’intégration des élèves à besoins spécifiques dans l’enseignement ordinaire. Les élèves ayant reçu une attestation pour un des 8 types de l’enseignement spécialisé sont susceptibles de pouvoir bénéficier (éventuellement) d’un projet d’intégration.
Par ailleurs, des adaptations spécifiques sont possibles :

  • pour les élèves polyhandicapés dans les types 2, 4, 5, 6 ou 7 ;
  • pour les élèves avec autisme dans tous les types
  • pour les élèves dysphasiques/aphasiques, dans tous les types sauf le type 2.

D’autre part, l’enseignement spécialisé peut être organisé en enseignement secondaire en alternance.

En 2011, l’intégration dans l’ordinaire est ouverte à tous les types de l’enseignement spécialisé.

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10 commentaires
  1. Félicitations Sandra ! 🙂
    Tes articles sont propres et en parfaite harmonie avec l’esprit du site. Tu apprends vite et je devine que tu dois travailler énormément pour parvenir a assimiler cette matière qui t’était totalement inconnue hier et être déjà capable de publier de tels résultats aujourd’hui.
    J’espère seulement que ton investissement puisse être récompensé et que tes articles hebdomadaires puissent plaire et être lus par un maximum de personnes internes et extérieures à l’école…
    Bravo ! 😉

  2. Toutes mes félicitations Sandra.

  3. Très interessant Sandra , merci pour tout ☺️
    Et, félicitations Mister Benoit

    • Merci Carine 🙂
      Je tiens à préciser que ça ne fait que 4 ans que j’espérais qu’un jour, des collègues puissent m’aider et prendre goût à publier et alimenter le site de notre école avec du contenu frais, pertinent et intéressant.
      En espérant que d’autres puissent, peu à peu, suivre les pas de Sandra et profiter de ce moyen d’information, de partage et de publication tellement puissant qu’est internet…
      A suivre…

    • Merci Carine, j’aspire en apprendre davantage pour vous permettre de lire des articles bien structurés et agréables.

  4. Bravo Sandra ! Continue comme ça et l’élève dépassera le maître !
    Blague à part, je suis épatée par la rapidité à laquelle tu apprends !
    Tu es motivée et ça se voit ! Tu prouves par tes démarches qu’il est possible de publier sur le site de l’école… en espérant que d’autres puissent suivre ta voie.
    Encore toutes mes félicitations et beaucoup de nouveaux articles à venir 😉

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