Pourquoi parler du handicap ?

Traduire la souffrance en mots, c’est la rendre compréhensible. Si on cache à l’enfant, ou si l’enfant se cache à lui-même sa différence, son retard, son handicap, alors il vivra dans l’illusion.

Photo de femme écrivant just words

En raison de son handicap mental, comment peut-on alors lui faire comprendre qu’il ne fera pas d’ étude “poussée”, qu’il n’aura sans doute pas la profession de ses rêves ou un mariage comme son frère, qu’il ne pourra peut-être pas vivre seul ?

Si l’enfant ne comprend pas sa situation, son handicap, il ne pourra pas s’adapter à la réalité, à sa réalité. Nous avons tous besoin pour réagir adéquatement de savoir dans quelle réalité nous nous trouvons.

Cependant, la personne peut souffrir du fait d’être confrontée à son handicap mais cela peut aussi la renforcer, lui permettre de grandir, de s’adapter.
Si on lui cache les problèmes, on en fait un être passif, protégé dans sa bulle. Par contre si les problèmes sont dits,il peut devenir actif, prendre une place qui lui convienne dans la société, en fonction de ses aptitudes.

Si l’on en parle avec lui, par exemple en famille, on peut réfléchir ensemble à la question de comment vivre avec ce handicap.
Il n’est plus alors l’objet de prises en charge de logopédie (orthophonie), kinésithérapie qu’il subit ou auxquelles il s’oppose parce qu’il n’en voit pas le sens.

“Il deviendra partenaire et sujet de son évolution.”

C’est au prix d’une souffrance (ici, la prise de connaissance) qu’il va évoluer. La souffrance fait partie de la vie, comme la joie d’ailleurs et pas plus que nous, la personne handicapée mentale ne peut y échapper.

Quand on sait où sont ses limites, on est plus à l’aise. Savoir en quoi, pourquoi et jusqu’où on est handicapé, c’est déjà être un peu maître de sa situation. C’est vrai même pour les enfants.

Je souhaite que nous puissions accorder à la personne handicapée mentale une place, une valeur, un dialogue, qui la fasse grandir.Dr. Pieter De Reuse

Comment parler du handicap ?

La prise de conscience doit être positive. Il ne s’agit pas de blesser ou de diminuer quelqu’un. Ni d’enfermer la personne sous une étiquette, un stéréotype car chaque personne handicapée mentale est différente. Il ne s’agit pas non plus de la stigmatiser en lui disant “Tu es handicapé”. C’est très réducteur de définir quelqu’un par son handicap. Ce ne doit pas non plus être une condamnation.

Même si la déficience est clairement établie, le pronostic, les possibilités d’avenir sont très variables d’un individu à l’autre.
On est parfois bien surpris de l’évolution.

Les proches peuvent dire à l’enfant handicapé mental qu’il a telle ou telle difficulté. On peut nommer le nom de son handicap s’il en a un. On peut aussi lui dire comment on vit cette situation.
Il ne s’agit pas d’annoncer solennellement le handicap, mais d’amener les éléments qui permettent d’en parler, de tenir un dialogue sur le sujet. Une prise de conscience ne peut être que progressive.
Bien sûr, on ne peut pas forcer une personne à prendre conscience de son handicap. Cela ne se force pas. Si la personne ne répond pas, tant pis. Peut-être que le dialogue arrivera plus tard.

Le Dr. Pieter De Reuse entend souvent la demande suivante : “Docteur, ce patient n’accepte pas son handicap. Faites qu’il l’accepte !” Mission impossible, en général. La demande ne vient pas du patient, et puis, peut-on accepter un handicap ? On peut vivre plus ou moins bien avec, l’assumer. Mais peut-on vraiment l’accepter ?

Bien sûr, il n’est pas facile de se reconnaître handicapé mental dans une société où l’intelligence est considérée comme la qualité suprême. Si la personne sent que, pour nous, être handicapé mental a une connotation péjorative, alors bien entendu elle ne voudra pas se reconnaître comme telle.

“La prise de conscience doit s’accompagner d’une découverte des capacité, des dons, des possibilités.”

La personne ne pourra se reconnaître handicapée mentale que si elle sent un regard positif sur elle, que si elle est rassurée sur la permanence de notre estime, de notre respect.

Extrait de conférence du Dr. Pieter De Reuse – Psychothérapeute

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3 commentaires
  1. De bons conseils, à relire de temps à autre pour éviter de blesser les personnes à besoins spécifiques.
    Merci Sandra pour tes recherches et ta synthèse.

  2. Merci Sandra pour cette réflexion positive.

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